jeudi 17 janvier 2008

Contrepouvoirs (de Laurent Joffrin)

Comment sortir de la monarchie élective? Grâce à une élection, pardi! Voilà pourquoi cette consultation que les électeurs souhaitent aussi locale que possible est également une épreuve nationale. Selon que le parti du monarque- Président sera ou non conforté, le pluralisme politique reprendra ou non un peu de ses droits en France. Bien sûr, on comprend ces Français qui ne veulent pas confondre les échéances. On doit juger un maire sur son bilan et sur son projet, plus que sur son étiquette. Selon qu’il a administré bien ou mal sa métropole ou son village, il mérite d’être sanctionné ou reconduit. Pour une fois, l’esprit de clocher est légitime. Mais quarante millions de Français ne peuvent pas voter le même jour sans qu’on en tire quelques leçons. L’UMP attend du scrutin un encouragement pour sa politique, le gouvernement un soutien et le Président un blanc-seing. Si la droite gagne Paris, Lille ou Lyon, ou encore les trois, qui pourra nier qu’il s’agit aussi d’une victoire sarkozyenne ? Et si la gauche ou le centre l’emportent dans un grand nombre de scrutins significatifs, comment ne pas y voir un signe pour le pays ? Les électeurs devront donc répondre aussi à une question-clé : doit-il y avoir en France une opposition digne de ce nom ? Ou bien doit-on laisser toute la scène à l’homme de l’Elysée ? L’affaire n’est pas partisane. Peu importe, à ce stade, que les nécessaires contre- pouvoirs soient roses, verts ou bleu Modem. Ils doivent d’abord exister. Faute de quoi cette élection bigarrée nous laissera avec une nation monocolore.

Auteur Laurent Joffrin
(source Libération)


Remarque :
Je crois en effet que la question se pose.

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