vendredi 25 janvier 2008

Jérôme Kerviel : coupable ou bouc émissaire

Contrainte de solder au plus vite ces positions en pleine tourmente boursière, la Société Générale accuse une perte finale de 4,9 milliards d'euros, à laquelle s'ajoutent 2 milliards de dépréciations d'actifs en raison de la crise financière.

Cette opération précipitée, portant sur un volume exceptionnel, a contribué à amplifier le plongeon des marchés boursiers en début de semaine, ont expliqué à l'AFP des sources de marché. Mais celles-ci ont récusé l'idée avancée par certains journaux selon laquelle elle aurait influencé la décision de la Réserve fédérale américaine de baisser brusquement mardi son taux directeur de trois quarts de points pour endiguer la chute des Bourses.

La photo de Jérôme Kerviel, le trader mis en cause par la banque, s'étalait vendredi à la une des journaux européens, la presse britannique le qualifiant de "courtier ripou" ("Rogue Trader") tandis que beaucoup de commentateurs exprimaient leurs doutes quant à la possibilité qu'un seul homme soit à l'origine de la fraude.

Face à ce scepticisme, M. Noyer s'est déclaré "certain" que cette perte n'était pas imputable à la banque, soupçonnée par certains d'avoir cherché à déguiser des pertes liées à la crise "des subprimes". Les systèmes de contrôle de la banque "ont parfaitement fonctionné", a-t-il affirmé.
Selon le parquet de Paris, qui a ouvert jeudi une enquête préliminaire, il est "prématuré de tirer une quelconque conclusion" sur les éventuelles conséquences judiciaires de cette "fraude".

"A l'heure actuelle, on ne peut pas dire ce qu'il y a derrière cette affaire", a-t-on affirmé au parquet.
Pour le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, cette affaire révèle "un vrai problème de régulation, de contrôle du capitalisme financier".

"Que vont penser les gens qui ont des économies dans ces banques, qui ont confiance dans leur banque, y placent de petites épargnes pour la retraite?", s'est-il interrogé, avant de réclamer "plus de transparence sur le système financier au niveau mondial".

Selon le PCF, qui compare M. Kerviel au capitaine Dreyfus, "les experts financiers ont déjà tranché : un seul homme ne peut être responsable d'une fraude d'une telle ampleur".

Question :
Est-il possible qu'un trader puisse déjouer, seul, tous les systèmes de contrôle de la banque pour accumuler des positions cachées, comprises entre 50 et 75 milliards d'euros, sans jamais éveiller de soupçons ?

Pour ma part, c'est assez fort de café... Mais c'est votre avis qui m'intéresse.

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