
A Naples, les poubelles s'amoncellent et la population ne décolère pas. Près de 110 000 tonnes de déchets traînent dans les rues de la ville depuis fin décembre. Une situation d'autant plus intenable que les autorités locales doivent conjuguer avec la Camorra, la mafia napolitaine, qui a la mainmise sur la gestion des ordures. Romano Prodi a annoncé un "plan de sauvetage".
A Naples, les jours passent et les déchets se ressemblent.
"Les vraies ordures ? Ce ne sont pas ces déchets. Ce sont les politiques, ceux qui veulent rouvrir la décharge, Mais nous tiendrons bon, jamais ils ne la rouvriront. " Depuis le 27 décembre .
Tel est la lutte des habitants du quartier populaire de Pianura, situé sur les hauteurs de Naples.
Ils sont une centaine à se relayer jour et nuit devant ce qui est devenu le symbole de la crise des déchets qui frappe la cité italienne.
Pendant plusieurs jours, des affrontements violents y ont opposé manifestants et forces de l'ordre. Et aujourd'hui encore, le quartier vit en état de siège.
Un poids lourd incendié et quelques blocs de béton barrent ainsi le passage qui conduit à la décharge. Les mutins de Pianura, qui refusent de voir le site, fermé il y a plus de dix ans, remis en service, ont établi leur quartier général dans une station-service.
"Cet endroit a reçu les déchets de toute l'Italie pendant des dizaines d'années. On ne sait pas ce qui y a été entreposé. Mais en tout cas, cela a provoqué toutes sortes de maladies, des tumeurs au foie, au poumon. Moi, je connais plein de gens qui en sont morts", tonne une mère de famille. Selon une étude de l'Institut supérieur de la santé italien, la mortalité aux bords des décharges serait supérieure à la normale de 9% pour les hommes et de 12% pour les femmes.
Les rues du village, comme beaucoup d'autres à la périphérie de Naples, ressemblent toujours à une décharge à ciel ouvert. Ainsi, à l'entrée, où stationnent en permanence les véhicules des carabiniers prêts à intervenir, des sacs d'ordures éventrés répandent leur contenu sur la chaussée. Sur des dizaines de mètres, des cartons détrempés et des sacs boursouflés dévorent les murs des habitations ou colonisent les troncs des maigres pins qui bordent la route.
Pour pallier cette situation catastrophique, Romano Prodi, le chef du gouvernement italien, a annoncé cette semaine un plan de sauvetage.
Pour les ONG environnemntales et les militants écologistes, ce ne sont que des mesures d'urgence. Les politiques connaissent le problème depuis longtemps. L'état d'urgence est décrété depuis 1994. Et rien n'a été fait.
On a compris que les politiques sont la cible privilégiée des insurgés de Pianura. Pourtant, tous savent qu'ils ne sont pas les seuls responsables de la situation. En effet la Camorra (mafia napolitaine) y est aussi impliquée.
L'organisation mafieuse fait toujours trembler les Napolitains. Aujourd'hui, elle est encore au coeur de la crise. "Depuis le début des années 1980, la Camorra a investi le secteur des déchets, analyse Franco Roberti, procureur adjoint au tribunal de Naples et en charge de la lutte anti-Mafia. Elle a notamment offert, à un moindre coût, ses services aux grands industriels du Nord qui devaient recycler leurs déchets." Des tonnes de produits toxiques provenant de toutes les régions d'Italie ont ainsi été déchargées illégalement en Campanie.
"Des camions passaient ici le soir. Et on ne sait pas ce qu'ils déversaient", assure un vieil habitant de Pianura. Le village n'est pas un exemple isolé dans la région, des dizaines d'autres auraient aussi été touchés. Comme ce champ gondolé d'Acerra, un village situé au nord de Naples. Plusieurs tonnes de déchets y ont été entreposées pendant des années.
Certains sites sont sous séquestre depuis 1994. "La Camorra a déversé ici de l'amiante et d'autres produits toxiques", témoigne un avocat impliqué dans la lutte pour le traitement des déchets.
A quelques mètres de là, séparés par un petit chemin boueux, grandissent des choux d'un vert forcément suspect. "Les produits toxiques ont pollué les nappes phréatiques, les sols. Les produits agricoles sont également infectés".
Aujourd'hui, la Camorra a aussi infiltré le traitement des ordures domestiques de la région, 50 % du cycle de ce traitement serait sous son contrôle. Une manne qui lui rapporterait un milliard d'euros par an. Difficile, dans ce cas, d'imaginer une solution pour régler la crise récurrente des déchets à Naples. En attendant, les autorités locales parent au plus pressé, elles envisagent de rouvrir une autre décharge située à quelques kilomètres du Vésuve, une zone pourtant protégée.
Antonio Bassolino, le gouverneur de la Campanie, a aussi déclaré que "la réouverture de Pianura est un choix douloureux mais nécessaire". Une aubaine pour l'opposition de droite qui, hier après-midi, a rassemblé ses troupes dans les rues de Naples pour réclamer sa tête.
Les insurgés de Pianura, jure de déclarer la guerre aux autorités si la décharge était rouverte.
Remarque:
Un gouvernement qui a fait preuve de laxisme pendant des années, une organisation mafieuse bien implantée et omniprésente dans l'environnement économique local.
Voici ce à quoi doivent faire face les habitants de la région de Naples.
Pour Romano Prodi, la tâche est double, il doit nettoyer Naples de ses ordures mais aussi de sa mafia. Bon courage à vous monsieur Prodi se le ne
A Naples, les jours passent et les déchets se ressemblent.
"Les vraies ordures ? Ce ne sont pas ces déchets. Ce sont les politiques, ceux qui veulent rouvrir la décharge, Mais nous tiendrons bon, jamais ils ne la rouvriront. " Depuis le 27 décembre .
Tel est la lutte des habitants du quartier populaire de Pianura, situé sur les hauteurs de Naples.
Ils sont une centaine à se relayer jour et nuit devant ce qui est devenu le symbole de la crise des déchets qui frappe la cité italienne.
Pendant plusieurs jours, des affrontements violents y ont opposé manifestants et forces de l'ordre. Et aujourd'hui encore, le quartier vit en état de siège.
Un poids lourd incendié et quelques blocs de béton barrent ainsi le passage qui conduit à la décharge. Les mutins de Pianura, qui refusent de voir le site, fermé il y a plus de dix ans, remis en service, ont établi leur quartier général dans une station-service.
"Cet endroit a reçu les déchets de toute l'Italie pendant des dizaines d'années. On ne sait pas ce qui y a été entreposé. Mais en tout cas, cela a provoqué toutes sortes de maladies, des tumeurs au foie, au poumon. Moi, je connais plein de gens qui en sont morts", tonne une mère de famille. Selon une étude de l'Institut supérieur de la santé italien, la mortalité aux bords des décharges serait supérieure à la normale de 9% pour les hommes et de 12% pour les femmes.
Les rues du village, comme beaucoup d'autres à la périphérie de Naples, ressemblent toujours à une décharge à ciel ouvert. Ainsi, à l'entrée, où stationnent en permanence les véhicules des carabiniers prêts à intervenir, des sacs d'ordures éventrés répandent leur contenu sur la chaussée. Sur des dizaines de mètres, des cartons détrempés et des sacs boursouflés dévorent les murs des habitations ou colonisent les troncs des maigres pins qui bordent la route.
Pour pallier cette situation catastrophique, Romano Prodi, le chef du gouvernement italien, a annoncé cette semaine un plan de sauvetage.
Pour les ONG environnemntales et les militants écologistes, ce ne sont que des mesures d'urgence. Les politiques connaissent le problème depuis longtemps. L'état d'urgence est décrété depuis 1994. Et rien n'a été fait.
On a compris que les politiques sont la cible privilégiée des insurgés de Pianura. Pourtant, tous savent qu'ils ne sont pas les seuls responsables de la situation. En effet la Camorra (mafia napolitaine) y est aussi impliquée.
L'organisation mafieuse fait toujours trembler les Napolitains. Aujourd'hui, elle est encore au coeur de la crise. "Depuis le début des années 1980, la Camorra a investi le secteur des déchets, analyse Franco Roberti, procureur adjoint au tribunal de Naples et en charge de la lutte anti-Mafia. Elle a notamment offert, à un moindre coût, ses services aux grands industriels du Nord qui devaient recycler leurs déchets." Des tonnes de produits toxiques provenant de toutes les régions d'Italie ont ainsi été déchargées illégalement en Campanie.
"Des camions passaient ici le soir. Et on ne sait pas ce qu'ils déversaient", assure un vieil habitant de Pianura. Le village n'est pas un exemple isolé dans la région, des dizaines d'autres auraient aussi été touchés. Comme ce champ gondolé d'Acerra, un village situé au nord de Naples. Plusieurs tonnes de déchets y ont été entreposées pendant des années.
Certains sites sont sous séquestre depuis 1994. "La Camorra a déversé ici de l'amiante et d'autres produits toxiques", témoigne un avocat impliqué dans la lutte pour le traitement des déchets.
A quelques mètres de là, séparés par un petit chemin boueux, grandissent des choux d'un vert forcément suspect. "Les produits toxiques ont pollué les nappes phréatiques, les sols. Les produits agricoles sont également infectés".
Aujourd'hui, la Camorra a aussi infiltré le traitement des ordures domestiques de la région, 50 % du cycle de ce traitement serait sous son contrôle. Une manne qui lui rapporterait un milliard d'euros par an. Difficile, dans ce cas, d'imaginer une solution pour régler la crise récurrente des déchets à Naples. En attendant, les autorités locales parent au plus pressé, elles envisagent de rouvrir une autre décharge située à quelques kilomètres du Vésuve, une zone pourtant protégée.
Antonio Bassolino, le gouverneur de la Campanie, a aussi déclaré que "la réouverture de Pianura est un choix douloureux mais nécessaire". Une aubaine pour l'opposition de droite qui, hier après-midi, a rassemblé ses troupes dans les rues de Naples pour réclamer sa tête.
Les insurgés de Pianura, jure de déclarer la guerre aux autorités si la décharge était rouverte.
Remarque:
Un gouvernement qui a fait preuve de laxisme pendant des années, une organisation mafieuse bien implantée et omniprésente dans l'environnement économique local.
Voici ce à quoi doivent faire face les habitants de la région de Naples.
Pour Romano Prodi, la tâche est double, il doit nettoyer Naples de ses ordures mais aussi de sa mafia. Bon courage à vous monsieur Prodi se le ne
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