Et s'il restait comme "le ravi de la crèche"? Mardi, en visite dans le Sud-ouest, Nicolas Sarkozy a amorcé ce qui ressemble fort à une volte-face en annonçant qu'il ne s'immiscera pas plus que de raison dans le scrutin municipal. "Je ne veux pas me mêler du détail des municipales dans chacune des villes de France, ce n'est pas mon travail." Des propos qui tranchent avec ceux tenus lors de ses voeux à la presse le 8 janvier dernier et qui avaient déclenché une vague de commentaires. Interrogé sur son degré d'implication dans la campagne des municipales, le président de la République n'avait laissé planer aucun doute, refusant donc le rôle de "ravi de la crèche" qui attendrait "que (s)es adversaires se mobilisent".
Mais en deux semaines, du palais de l'Elysée aux rues de Bordeaux et Pau, où il se trouvait ce mardi à la reconquête du terrain, les sondages sont passés par là. Accusant une nette baisse de popularité, alors que dans le même temps son Premier ministre François Fillon, tient lui le choc, le chef de l'Etat a perdu de sa superbe. Balloté sur le thème du pouvoir d'achat comme sur l'affichage de sa vie privée, et désormais confronté à une crise ouverte qui plombe les marchés financiers, Nicolas Sarkozy a donc choisi de ne pas cumuler les handicaps. La campagne des municipales devrait donc se faire sans lui. Comme un signe, dans la cité d'Henri IV, celui qui trouvait en début de mois "le concept même d'élection dépolitisée absurde", est allé à la rencontre non seulement du sortant Yves Urieta (ex-PS, soutenu par l'UMP), mais également de son challenger, un certain... François Bayrou, chef de file du MoDem. Une posture de président-arbitre finalement conforme à ce que réclament les Français. A en croire les enquêtes d'opinion, plus de 70% d'entre eux souhaitent que le scrutin municipal se cantonne à des préoccupations locales. A l'UMP, également, ce "renoncement" présidentiel devrait apaiser les esprits. Si Jean-Pierre Raffarin avait tiré le premier en s'érigeant contre la "nationalisation des enjeux", Françoise de Panafieu, candidate à Paris a elle récemment réclamé "une juste mesure" dans l'action du président de la République. Alain Juppé, que Nicolas Sarkozy a rencontré ce mardi à Bordeaux, a quant à lui carrément fait disparaître le logo UMP de son matériel de campagne. Et dans une interview à paraître mercredi dans Le Figaro, Jean-Louis Borloo, qui comme 21 de ses collègues du gouvernement devra faire face au verdict des urnes, s'est montré limpide: "Dans les villes (...), le débat sera 100% local."
Source JDD
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire