lundi 31 mars 2008

Estrosi l'électron libre :

Vous avez refusé le poste qui vous était proposé à la direction de l'UMP? Est-ce définitif?
Tout à fait. J'ai dit non, c'est tout. Il n'y a pas à y revenir. Merci à ceux qui ont pensé à moi, j'apprécie ce geste amical, mais franchement je ne crois pas que ma présence soit indispensable dans cet organigramme, qui empile les fonctions et titres, et dont je ne connais toujours pas les règles de fonctionnement.

Pourquoi?
Ces nombreuses nominations sont faites pour faire plaisir à tout le monde, mais outre que je ne fais pas partie des gens à qui il faut donner quelque chose pour qu'ils soient contents, l'UMP ressemble désormais à une armée mexicaine, sans véritable chef. Tout ce beau monde va se marcher sur les pieds. Moi j'ai été comblé par le suffrage universel, je ne demande rien de plus. Mais je persiste à penser qu'au lendemain de ces municipales, il fallait au parti majoritaire un électrochoc. Et, en tout cas, changer de méthode de gouvernance. C'est là que réside le problème de fond. Le chef de l'Etat a besoin d'un parti politique fort, qui fasse bouger les lignes, qui bouscule le gouvernement. Un mouvement créatif, imaginatif, en avance. Dix mois après l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, l'UMP a plus que jamais besoin de retrouver les fondamentaux qui ont fait le succès de la campagne présidentielle: la culture du débat, la confrontation des idées, donner la parole aux militants afin que chacun se sente acteur et partie prenante du débat. On a besoin d'un autre élan. D'un nouveau souffle. l'UMP s'est étiolée, a perdu sa dimension populaire. Ce n'est pas bon signe que tant de candidats aient évité de mettre le logo de l'UMP sur leurs affiches.

Un élan que Patrick Devedjian n'incarne pas?
Que les choses soient claires, ce n'est pas pour moi un problème de personne même si Patrick Devedjian a pu donner, et je le regrette, ces dernières semaines une image de maladresse. De paralysie.
Mais la tâche était-elle facile pour lui? Est-il fait pour ce genre de responsabilités? Je n'en sais rien. Je note simplement que son discours officiel reste le même après ces élections municipales qu'avant. Je ne l'entends pas se remettre en cause, encore moins entamer la moindre autocritique. Patrick pouvait s'interroger sur son action. Sur ses résultats. Il n'a donné aucun signe qu'il allait changer de "ligne". En est-il seulement capable? Je m'interroge sur ce que comprennent nos électeurs. A force de devenir un machin snob, l'UMP n'est plus audible. Ses messages sont confus, brouillés.

Convoitez-vous le poste de secrétaire général de l'UMP?
Moi je veux une place où je me sente utile. Peu importe laquelle. Croyez-le ou non, je ne revendique aucun poste. Mais je souhaite que Nicolas Sarkozy réussisse, que ses réformes marchent, que ce quinquennat soit un succès. Nous devons l'aider, tirer tous dans le même sens. Etre, tous autant que nous sommes, là où nous savons que nous sommes utiles. Moi je ne me sens pas utile à l'UMP telle qu'elle est aujourd'hui. Mais cela ne change rien: ma loyauté envers le Président de la République lui est acquise. Je suis, demeure et resterai sarkozyste. Mais je veux pouvoir conserver ma liberté de parole. Dire ce que j'ai à dire sans me demander tous les jours si je peux le dire. Si j'ai la permission de le dire. Je crois être un bon organisateur dans ma fédération, au Conseil général, à la mairie. J'espère bientôt retrouver mon siège de député. Une partielle aura lieu dans quelques semaines. J'entends Patrick Devedjian remettre en cause mes résultats dans le département des Alpes-Maritimes. Il est un peu mauvais joueur et même mauvais perdant puisque nous avons tout gagné dans les Alpes-Maritimes. Malheureusement il ne peut pas en dire autant dans les Hauts-de-Seine dont il est le président!

Si ce n'est pas encore la guerre ouverte, ça ressemble étrangement à des prémisses.
Monsieur Christian Estrosi une fois dégagé de ses fonctions ministérielles pour se consacrer exclusivement à la mairie de Nice, en profite pour régler ses comptes. Allant jusqu'à qualifier l'UMP "d'armée mexicaine" ou de "machin snob", il s'en prend également à son secrétaire général, Patrick Devedjian, incapable, selon lui, d'entamer la moindre "autocritique" après la défaite aux municipales.
Je constate que certaines personnes ont encore un peu de lucidité au sein du paquebot UMP.

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