Lhassa, capitale du Tibet, est toujours bouclée par les autorités chinoises. Après les vagues de violences du week-end - manifestations ayant dégénéré puis durement réprimées - la Chine a tenté de se justifier. Le gouverneur du Tibet installé par Pékin, Champa Phuntsok, a affirmé lundi matin que le bilan était de 16 morts et plusieurs dizaines de blessés, alors que le gouvernement tibétain en exil fait état de plus de 80 morts. Alors que les appels à la retenue se sont multipliés dans la communauté internationale, Champa Phuntsok a défendu l'attitude de la Chine. Il a appelé les manifestants, qui participent au mouvement le plus virulent contre l'occupant depuis 1989, à se rendre, promettant la clémence, voire mieux s'ils donnaient des informations. Aux autres, il a promis un traitement sévère.
La ville étant interdite d'accès, la Chine distille des informations susceptibles d'appuyer son discours. Ainsi Champa Phuntsok a-t-il livré force détails lundi matin, expliquant que des personnes avaient été brûlées vives parce que la foule déversait de l'essence dans les rues et maltraitait les policiers. Il a même ajouté que les policiers n'avaient pas fait usage de leurs armes. Depuis Pékin, des images plus sordides encore ont été projetés. Ainsi le gouvernement chinois a-t-il accusé les Tibétains d'actes de "cruauté", expliquant qu'ils avaient mutilé des cadavres de policiers... Aucune source indépendante n'a pu apporter d'éclairage, les médias étrangers n'étant plus autorisés à Lhassa.
La capitale tibétaine n'est pas le seul théâtre des manifestations. L'armée chinoise s'est déployée dans trois régions gagnées par les troubles, le Gansu, le Qinghaï et le Sichuan. Au Népal voisin, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser quelque 200 exilés qui manifestaient devant le bureau des Nations unies à Katmandou. Sept Tibétains au moins et cinq policiers auraient été blessés, et une quarantaine de manifestants interpellés. Des heurts ont également opposé police et exilés tibétains devant des bâtiments diplomatiques en Inde ou en Allemagne, comme dimanche, devant l'ambassade de Chine à Paris, et dans les deux cas, des arrestations ont eu lieu. Des incidents ont enfin eu lieu à New York et en Australie.Comme depuis le début du soulèvement, les Tibétains exilés dénoncent la propagande de la Chine, qui occupe le Tibet depuis 1950.
Lundi, la fille du dixième panchen lama, mort en 1989, a invoqué la mémoire de son père pour lancer un appel à l'unité. Le représentant du dalaï-lama en Russie, de son côté, a fait savoir que "les troubles gagnaient du terrain (...) dans les provinces du Tibet". "Les Chinois cherchent à ne montrer qu'un seul aspect des choses - ils ne montrent pas comment l'armée chinoise et la police anti-émeutes tuent et arrêtent des Tibétains", a-t-il dénoncé, précisant qu'une personne lui avait dit "avoir vu 67 corps". Il a prédit que le bilan serait bien plus lourd que celui évoqué par la Chine, tablant sur au moins une centaine de victimes. Dans le même temps, le maire de Lhassa déclarait que "la situation globale au Tibet est très bonne".
Ma question est que font les instances internationales ? A quand des sanctions contre la Chine ?
Une chose est sure, personne n'osera plus douter des méthodes peu démocratiques, voir agressives du colon chinois face à ses voisins.
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