samedi 12 avril 2008

Le spectre de Mai 68

Le mouvement lycéen prend de l'ampleur. Lancée il y a trois semaines par les enseignants pour protester contre les 11 400 suppressions de postes à la rentrée prochaine, la mobilisation ne fait pas pour autant perdre son calme à Xavier Darcos, qui y voit surtout l'expression d'un mal-être. Initié à Paris, le mouvement est toutefois en train de se propager aux grandes villes de province.

Quarante ans après, Mai 68 se préparerait-il à accoucher d'un petit frère? Depuis trois semaines maintenant, les lycéens battent le pavé contre les 11200 suppressions de postes d'enseignants dans l'Education nationale à la rentrée prochaine. Timide au commencement, le mouvement prend de l'ampleur. Jeudi, la mobilisation aurait ainsi concerné "au moins 30 000 manifestants" selon l'Union nationale lycéenne (UNL). Outre les traditionnelles guerres de chiffres entre forces de police et organisateurs, la mobilisation ne semble pas inquiéter Xavier Darcos, qui place ces revendications sur le compte du romantisme de la jeunesse...

Le ministre de l'Education nationale tient bon la barre. Alors que la jeunesse semble convaincue du bienfondé de ses revendications, Xavier Darcos campe sur ses positions. Pour lui, manifester contre les suppressions de postes "c'est regarder vers le passé plutôt que vers l'avenir", la baisse démographique rendant inévitable ces réductions d'effectifs. Il s'appuie en cela sur des vérités statistiques: les effectifs du second degré ont baissé de 145 000 élèves en trois ans et ils devraient encore reculer de 40 000 à la prochaine rentrée. Un argument qui ne suffit toutefois pas à convaincre les lycéens.

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