dimanche 13 avril 2008

Rejet de la motion de censure de l'opposition à l'Assemblée nationale

A l'issue d'un débat animé, la motion de censure déposée par les partis de gauche contre la politique "atlantiste" de Nicolas Sarkozy a été rejetée. François Fillon fustige "l'anti-américanisme primaire" de l'opposition.

Sans surprise, l'Assemblée nationale a rejeté ce mardi une motion de censure de l'opposition contre le gouvernement qui dénoncait "l'obsession atlantiste" du président Nicolas Sarkozy
après l'annonce de l'envoi de renforts militaires en Afghanistan.
La motion de censure, la première de la législature et du quinquennat, a recueilli 227 voix, venant des rangs socialistes, radicaux de gauche, Verts et communistes auxquels s'était joint
le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.
Il lui en fallait 288 au minimum pour être votée.

Cette motion n'avait aucune chance d'être adoptée, le groupe UMP disposant à lui seul de la majorité absolue à l'Assemblée nationale.
Confronté à des attaques vives de l'opposition, François Fillon a dénoncé l'absence de "plan sérieux" de cette dernière pour l'Afghanistan et récusé ses accusations de "dérive atlantiste"
qu'il apparente à de "l'anti-américanisme primaire".

Galvanisée par sa victoire aux élections municipales et cantonales, la gauche avait décidé de passer à l'offensive sur le chapitre de la politique étrangère pour dénoncer la "double rupture" stratégique et diplomatique de Nicolas Sarkozy. "L'opposition ne manquait pas de raisons pour mettre en cause aujourd'hui la responsabilité de votre gouvernement", a dit François Hollande en ouvrant le débat de censure, citant "l'erreur du paquet fiscal, la dérive préoccupante des déficits, le plan de rigueur dont vous n'osez même pas prononcer le nom".

"Nous avons voulu placer notre débat de censure sur les graves décisions que le président vient de prendre à l'occasion du sommet de l'Otan à Bucarest", a expliqué le premier secrétaire du PS, faisant référence aux annonces de l'envoi de 700 militaires français supplémentaires en Afghanistan et du retour, sous conditions, de la France dans le commandement intégré de l'Alliance atlantique à l'horizon 2009.

"Il ne s'agit pas d'une inflexion ou d'une accélération, et encore moins d'une affaire de circonstance. Il s'agit bien d'une double rupture: rupture dans l'usage de nos forces en Afghanistan, rupture dans le consensus sur l'Otan établi dans notre pays depuis 1966", a
estimé François Hollande.

"Le sujet est suffisamment grave pour ne pas se lancer dans des recommandations si peu étayées. Si elles le sont, nous les écouterons avec intérêt. Sinon, il faudra considérer votre
initiative comme une affaire tristement partisane", a répliqué François Fillon, déplorant l'absence de "plan sérieux" du PS.

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