samedi 12 avril 2008

Ségolène de retour

L'ancienne candidate à la présidentielle lance sa consultation participative avant le congrès du Parti socialiste de novembre 2008.
Ségolène Royal l'assure, elle veut éviter le conflit de personnes. Mais elle n'oublie pas d'égratigner son meilleur ennemi, Nicolas Sarkozy et de tancer les attitudes des politiques hexagonaux à l'égard des JO de Pekin 2008.

Une offensive pour être utile aux Français, oui. Ce qui nous intéresse, c'est de répondre à la déception profonde et à la colère, touchant même des catégories qui se croyaient jusqu'alors à l'abri.

Sans affirmer ni démentir sa candidature au poste de premier secrétaire du PS, elle dit que ce n'est pas le problème pour l'instant.
"Mon souci, c'est d'élever le débat entre socialistes. L'époque où un petit nombre de gens pouvaient sur un coin de table écrire un texte et le soumettre au vote des militants est terminée. Les adhérents n'ont pas été réellement consultés depuis la campagne présidentielle. Je veux que ma contribution soit le fruit du plus grand nombre. D'ailleurs, si on regarde les programmes municipaux des candidats PS, tous ont eu une démarche participative. Une démarche dont Nicolas Sarkozy s'est gaussé pendant la présidentielle, mais on voit que j'avais raison: avec son pouvoir personnalisé, il échoue."

Que dire à ceux qui critiquent la démarche participative, vous accusant de ne pas apporter d'idées ?
" Nous exposons les raisons pour lesquelles il y a des inquiétudes profondes dans le pays: le capitalisme qui perd la tête, les doutes sur l'identité de la France, l'angoisse du déclassement... C'est le fruit d'un travail très approfondi. Les militants auront un mois pour s'exprimer sur le site internet qui ouvrira cette semaine, congresutileetserein.com. J'espère aussi que le texte sera publié dans L'Hebdo des socialistes, ce serait un signe de fonctionnement démocratique du parti. En attendant, il est déjà en ligne sur mon site Désirs d'avenir. Les débats vont se multiplier. Puis on présentera des pistes d'action politique crédibles.

Votre avis sur votre probable adversaire au poste de premier secrétaire, Bertrand Delanoë?
Je n'ai pas d'adversaire. Je ne suis contre personne, je suis pour que le congrès soit à la hauteur du défi historique qui est le sien aujourd'hui. J'ai rassemblé des équipes pour être avec elles en première ligne.


Nicolas Sarkozy a présenté des mesures pour réduire le déficit public, parlant de réforme plutôt que de rigueur...
"Il n'y a pas de réforme. C'est cela qui est dramatique. La seule réforme qui a eu lieu, c'est celle du bouclier fiscal, qui a vidé les caisses. Aujourd'hui, l'exercice consiste à reprendre dans la poche de tous les Français pour boucher le trou dû au cadeau fait à ceux qui en avaient le moins besoin. D'autant que ces mesures doivent servir à économiser 7 milliards alors que le paquet fiscal représente 15 milliards par an. Mais comme Sarkozy ne veut pas reconnaître son erreur, il va creuser des trous ailleurs. Il a déjà fait des impôts nouveaux : les franchises médicales, la TVA qui rapporte plus avec la hausse des prix alimentaires... La rigueur est déjà là : elle ralentit la croissance. Il faudrait remettre en cause le paquet fiscal, baisser la TVA, doubler la prime pour l'emploi, ce qui permettrait à 8 millions de salariés d'avoir un treizième mois, et d'investir très fortement dans le logement et l'innovation des entreprises.

Des badges "Pour un monde meilleur", une banderole sur l'Hôtel de Ville de Paris, cela vous parait suffisant pour manifester notre solidarité avec les Tibétains ?
Non. Moi, j'ai toujours demandé que la France menace de boycotter les Jeux olympiques. Si le pays des droits de l'Homme avait eu le courage de parler haut et fort, en discutant avec ses athlètes, pour dire 'on ne va pas en Chine tant que le Tibet n'est pas respecté', on aurait entraîné d'autres pays. Les brassards, les drapeaux, les banderoles, c'est mieux que rien, mais c'est se donner bonne conscience à peu de frais. Le recul de l'appartheid en Afrique du sud a commencé quand on a menacé d'y boycotter les matchs de rugby. Quand on est très fort sur des valeurs, cela bouge. Quand on est fait preuve de lâcheté, la force va à la dictature.

Nicolas Sarkozy pourrait boycotter les cérémonies d'inauguration...
A quoi cela rime ? On ne va pas aller à la cérémonie, puis participer aux compétitions sportives. Moi, je suis convaincue que le pic de la répression et des assassinats aura lieu pendant les J.O. Les Chinois vont aller jusqu'à narguer les démocraties. Tout le cinéma, les tigres de papier agités avant, paraîtront alors totalement dérisoires. Il est encore temps de menacer de boyotter les JO.

(Source le JDD)

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