jeudi 29 mai 2008

Villepin, le baroud d'honneur

Quand Dominique de Villepin se compare à Guillaume Apollinaire... Non pas sur la forme de l'écrit que l'ancien Premier ministre a transmis aux juges en charge de l'affaire Clearstream, Jean-Marie D'Huy et Henri Pons et dont le quotidien Marianne s'est procuré une copie, mais bien sur le fond. En exergue de son très long courrier, celui qui se dit victime d'"injustice", "d'abord médiatique, puis judiciaire", dans cette tumultueuse affaire aux multiples ramifications, cite en effet le célèbre auteur de Alcools, accusé en son temps, et à tort, d'avoir dérobé, avec Pablo Picasso, La Joconde au musée du Louvre... Près d'un siècle plus tard, Dominique de Villepin tente comme il peut de laver l'affront dont il se dit à son tour victime. A l'heure où l'instruction se termine, et qu'il risque de devoir prochainement comparaître devant un tribunal correctionnel, l'ex-locataire de Matignon lance ses dernières forces dans la bataille. Et accuse à son tour.

Pour l'ancien Premier ministre, l'actuel chef de l'Etat, partie civile dans cette affaire, serait à l'origine de ses malheurs, au travers notamment du traitement médiatique qui a été fait du dossier. "Nicolas Sarkozy ayant été présenté en victime quasi unique, va s'imprimer l'idée que les listings transmis au juge Van Ruymbeke ont été élaborés dans la seule perspective de le salir et de brider ses ambitions", attaque Villepin. "Nul ne le contestera: toute l'instruction n'a été conçue que sur l'idée qu'il n'y avait qu'une seule victime", ajoute-t-il, construisant sa défense sur un soi-disant fallacieux grossissement de la réalité.

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