Aimé Césaire est mort.
De son nom complet Aimé Fernand David Césaire, né en Martinique en juin 1913, est l'un des fondateurs du mouvement littéraire la Négritude. Son grand-père avait été le premier enseignant noir en Martinique, et sa grand-mère, contrairement à nombre de femmes de son époque, savait lire et écrire, et a transmis ce savoir avec beaucoup de convictions à ses petits enfants. En septembre 1931, Césaire découvre la France, Paris, la ville lumière. Boursier du gouvernement français, il entre en classe d'hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand. Rapidement, il fait la rencontre du Sénégalais Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une très forte amitié.
Sa rencontre avec le poète sénégalais, puis avec le Guyanais Léon-Gontran Damas, éveille en lui sa conscience d'être noir. Suivra peu après, en 1939, un premier recueil de poésie - Cahier d'un retour au pays natal - dans lequel il utilisera pour la première fois le terme de "négritude". Homme de littérature, il n'est pas moins fortement investi en politique. Fervent défenseur de l'autonomie de la Martinique, et non de son indépendance, il est incontournable dans les institutions de son île pendant un demi-siècle. Maire de Fort-de-France pendant 56 ans, député de la Martinique de 1945 à 1993, conseiller général de Fort de France, il fut également président du Conseil régional de la Martinique, poste auquel il est élu en 1983.
Poète, écrivain, homme politique, Aimé Césaire a toujours su concilier ses aspirations pour la vie littéraire avec ses fonctions politiques. Fidèle à ses convictions anticolonialistes, Aimé Césaire avait annoncé en 2005, qu'il ne recevrait pas l'actuel président français qui devait se rendre aux Antilles comme ministre de l'intérieur. "Je ne saurais paraître me rallier à l'esprit et à la lettre de la loi du 23 février 2005" avait-il alors annoncé. Outré par l'article 4 loi de ladite loi, reconnaissant le "rôle positif de la présence française outre mer", l'auteur du Discours sur le colonialisme avait finalement accepté de recevoir Nicolas Sarkozy.
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