jeudi 31 juillet 2008

Karadzic rattrapé par son histoire

On se souvient de lui comme le grand la tête pensante du génocide...

Le "boucher de Srebrenica" est attendu au TPIY où il doit être jugé pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide pour des actes commis durant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995. Il est notamment accusé du massacre de près de 8000 hommes et adolescents musulmans en juillet 1995 à Srebrenica, dans l'est de la Bosnie. Il est aussi considéré comme le grand orchestrateur du "nettoyage ethnique" lancé, avec l'appui de Belgrade, selon le procureur du TPI, contre les Musulmans et Croates durant cette guerre qui a fait 100000 morts et 2,2 millions de réfugiés, soit près de la moitié de la population bosniaque.

L'UE souhaite également voir arrêté Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie. Karadzic risque la prison à vie, le TPI ne prévoyant par la peine de mort, s'il est condamné pour les onze charges qui sont retenues contre lui.

Son arrestation et son transfèrement étaient réclamés par l'UE, comme des conditions préalables avant des négociations d'adhésion. De fait, sa capture est un geste fort du nouveau gouvernement pro-européen investi recemment.

Le mercredi 30 juillet à 4h30 du matin, des membres des services secrets serbes, cagoulés, sont venus chercher Radovan Karadzic dans sa cellule pour le conduire, sous très haute protection, à l'aéroport de Belgrade. Le petit avion portant le drapeau serbe tricolore et muni d'un emblème d'aigle à deux têtes a atterri vers 6h30 à Rotterdam. Deux camionnettes des brigades spéciales néerlandaises attendaient l'ancien leader politique des Serbes de Bosnie, pour le conduire ensuite à Scheveningen, au centre de détention du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) devant lequel il doit comparaître rapidement.

A son arrivée, Radovan Karadzic a été soumis à des procédures d'identification et à un examen médical.

Lors de sa comparution, des juges lui dresseront la liste de ses chefs d'accusation. Selon l'avocat de Karadzic, l'inculpé ne plaidera ni sa culpabilité ni son innocence lors de cette première comparution mais demandera, comme il en a le droit, une période de réflexion de 30 jours pour préparer sa défense.

C'est la dernière étape de la fin de cavale de l'ancien leader des Serbes de Bosnie, arrêté le 21 juillet dernier dans la banlieue de Belgrade.

Les procédures de ses avocats ni les pressions des nationalistes serbes, pour qui Karadzic reste un héros n'auront pas pu empêcher cette échéance.

La monté en puisance des échauffourrées a au final convaincu le gouvernement serbe de faire extrader très rapidement le détenu le plus célèbre de l'Union européenne (UE) vers les Pays-Bas. En effet, Belgrade craint une ébullition des milieux nationalistes, très vivaces en Serbie.

suite à des manifestations mardi soir dans le centre de Belgrade, à l'appel d'un parti nationaliste, pour protester contre l'arrestation de Karadzic. Le rassemblement s'est terminé par des échauffourées entre les forces de l'ordre et plusieurs dizaines de jeunes gens liés à des groupes de hooligans. Les autorités ont dénombré au moins 45 blessés légers, dont 25 policiers.

L'UE souhaite également voir arrêté Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie. Karadzic risque la prison à vie, le TPI ne prévoyant par la peine de mort, s'il est condamné pour les onze charges qui sont retenues contre lui.

Aucun commentaire: