dimanche 17 août 2008

Xavier Bertrand drible les syndicats

Au lendemain de leur rencontre avec Xavier Bertrand, les syndicats ont critiqué la position du gouvernement sur la question des retraites. La diffusion en début de soirée d'un communiqué commun à toutes les centrales appelant à une journée d'action le 22 mai 2008 n'était que la suite logique des événements. "Face au blocage gouvernemental sur les principales propositions des organisations syndicales (...) les confédérations décident d'appeler à une journée nationale interprofessionnelle d'action et de manifestations le 22 mai", peut-on lire dans le document remis à la presse.

Les doléances des organisations syndicales concernent pêle-mêle "la garantie et le niveau des retraites, le droit à la retraite à 60 ans, la durée de cotisation, la reconnaissance de la pénibilité, les ressources financières assurant l'avenir à long terme du système de retraite, la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes...".

Pour Bernard Thibault, secrétaire générale de la CGT, qui s'exprimait sur France Info: "Le gouvernement s'en tient à des solutions classiques mais gravissimes de notre point de vue. Il y a dans les huit feuillets qui nous ont été remis une ligne qui précise que le gouvernement a pris acte des positions exprimées par les organisations patronales et syndicales. C'est dire le peu de cas qu'il a été fait de nos approches."

François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, préfère lui insister sur le report de l'allongement de la durée de cotisation. "Nous avons fait part au Premier ministre de notre proposition de différer le passage à 41 ans et de compenser financièrement par une augmentation des cotisations retraite des entreprises de 0,5%. Il a découvert cette proposition: on n'a pas de réponse", a-t-il déclaré au sortir d'une réunion à Matignon, avant d'asséner: "notre désaccord sur le déclenchement des 41 ans maintenant reste total."

Le problème pour les syndicats, c'est qu'ils se divisent sur cette question. "Les organisations syndicales convergent sur l'idée qu'il ne faut pas d'allongement de la durée de cotisation en 2012 mais nous n'avons pas souhaité faire figurer une formulation qui aurait escamoté les différences d'approche qu'il peut y avoir entre organisations sur le principe même de l'allongement de la durée de cotisation", admettent les organisations syndicales dans leur communiqué. La CGT et FO s'opposent en effet au principe même du passage à 41 ans alors que les autres syndicats, comme la CFDT, estiment que celui-ci doit être différé tant que le taux d'emploi des seniors ne s'améliore pas. Une faille que le gouvernement pourrait exploiter afin de diviser pour mieux régner.

Au lendemain de leur rencontre avec Xavier Bertrand, le ministre du Travail, les cinq principaux syndicats ont appelé d'une même voix à une journée d'action et de manifestations le 22 mai prochain, "pour la défense de la retraite solidaire". Les organisations restent tout de même divisées sur certains points, dont l'allongement de la durée de cotisation de 40 à 41 ans.

Aucun commentaire: