Le discours du Cap du 28 févier pourrait bien marquer un tournant majeur dans l'histoire des relations entre la France et l'Afrique. Devant le Parlement sud-africain, Nicolas Sarkozy a en effet annoncé un changement de... cap concernant la présence militaire française sur le continent noir. "Il faut changer le modèle des relations entre la France et l'Afrique si on veut regarder l'avenir ensemble". Des déclarations de bonnes intensions saluées par Thabo Mbeki, le président d'Afrique du Sud.
La présence militaire française en Afrique repose toujours sur des accords conclus au lendemain de la décolonisation, il y a 50 ans! (...) La rédaction de ces accords est obsolète", a-t-il expliqué pour justifier ce bouleversement. Aujourd'hui, la France reste liée à une vingtaine de pays par des accords militaires de deux types: coopération militaire, avec des conditions qui varient d'un Etat à un autre, et accords de défense stricto sensu, qui permettent à la France d'intervenir immédiatement en cas d'attaque contre le pouvoir en place. Ces accords étant jugés "obsolètes", Nicolas Sarkozy a décidé d'y mettre fin.
Une rupture que Nicolas Sarkozy veut poursuivre, en n'oubliant pas de se démarquer avec ce qui avait cours avant lui. Il s'est ainsi lancé dans un laïus sur le mode de signature des contrats. Le chef de l'Etat a ainsi l'intention d'appliquer "le principe de transparence" dans les accords de défense pour les "adapter aux réalités du temps présent" et, surtout parce que "c'est le meilleur antidote aux fantasmes et incompréhensions", a-t-il insisté. "Contrairement à la pratique passée", tous les accords signés entre la France et l'Afrique "seront intégralement publiés", une allusion à peine voilée aux différentes affaires judiciaires qui ont jalonné l'histoire ces dernières années.C'est une remise à plat, on remet tout sur la table", a-t-on confirmé dans l'entourage du ministre de la Défense, Hervé Morin. Nicolas Sarkozy a donc bien l'intention, comme il l'avait annoncé lors de sa campagne, de mettre fin à la Françafrique et au paternalisme français. "La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique. L'Afrique doit prendre en charge sa sécurité", a-t-il affirmé.
9500 soldats français sont actuellement présents sur le sol africain. Thabo Mbeki a donné sa bénédiction au président français: "Cela fait partie de la suite du processus de décolonisation de l'Afrique", a affirmé le président sud-africain. L'entourage du président a annoncé que huit pays étaient concernés par la renégociation des accords de défense: le Sénégal, le Gabon, le Cameroun, le Togo, Djibouti, la République centrafricaine, la Côte d'Ivoire et les Comores, mais la France précise être "ouverte au dialogue avec tous ceux qui souhaiteront nouer avec elle un nouveau partenariat en matière de sécurité."
Aujourd'hui, l'ancien modèle des relations entre la France et l'Afrique n'est plus compris par les nouvelles générations, comme d'ailleurs par l'opinion publique française". Après la polémique liée à son discours de Dakar (lire ici), Nicolas Sarkozy a décidé de reprendre la main sur le dossier africain. Il a ainsi annoncé son intention de renégocier tous les accords de défense de la France en Afrique dans le cadre d'une "refondation générale" de la politique africaine française.
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