dimanche 17 août 2008

L'affaire Suzanna

Mis en examen depuis dimanche dernier, Bruno Cholet, le délinquant multirécidiviste suspecté d'avoir tué la jeune étudiante suédoise retrouvée en forêt de Chantilly n'a pas parlé. Pire encore, il nie en bloc. Il nie malgré les éléments matériels très compromettants retrouvés dans son monospace blanc: un sac portant l'inscription Sussanna 777, dans lequel se trouvait un 22 long rifle, un silencieux et trois paires de menottes. Des expertises sont en cours pour déterminer si l'arme retrouvée est celle qui a servi pour loger quatre balles dans la tête de la jeune Sussanna Zetterberg, après qu'elle a été tuée d'un coup de couteau dans le thorax. D'autres analyses ADN sont en cours, notamment pour savoir si la jeune fille a été agressée sexuellement.

"Monsieur Cholet a une attitude de totale dénégation, il n'admet pas s'être trouvé dans un monospace blanc à proximité de la boîte parisienne La Scala, ni d'avoir joué un rôle de taxi clandestin et d'avoir chargé la victime", a déclaré mercredi lors d'une conférence de presse Jean-Claude Martin, le procureur de Paris. Selon lui, "le mis en examen se contente d'éléments laconiques sur son emploi du temps". Il est "très peu loquace" et a "une attitude minimaliste", précisant que le téléphone portable du suspect était éteint la nuit du meurtre.

Le procureur a également confirmé que la victime s'est très vite inquiétée du comportement suspect du chauffeur de taxi qui l'avait prise en charge aux alentours de 4h30 du matin le 19 avril dernier, en sortant d'une boîte de nuit. On sait qu'en route, la jeune fille a envoyé un texto à l'une de ses amies, dans lequel elle qualifiait de "bizarre" son chauffeur, mais selon le procureur, elle aurait ensuite passé un coup de fil à une amie à 5h02 pour s'inquiéter de la mauvaise direction suivie par le chauffeur. Puis deux autres coups de téléphones à 5h13 et 5h14, restés sans réponse.
On sait désormais que l'enquête a permis d'écarter la piste Bruno Cholet dans une affaire similaire, qui s'est déroulée il y a deux mois. Une autre Suédoise avait été prise en charge par un chauffeur de taxi, menée hors de sa direction à Orgeval (Yvelines), où elle avait été violée puis abandonnée par son chauffeur. Les enquêteurs suivaient donc la piste d'un maniaque sexuel roulant en taxi. Mais les analyses génétiques effectuées ont permis de mettre hors de cause Bruno Cholet. Agé de 51 ans, il présente un CV criminel particulièrement fourni, notamment une condamnation à 18 ans de prison en 1989 pour viols sur une fillette de douze ans et une femme de 21 ans.

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