mardi 5 août 2008

Laurence, l'UIMM, le Meded et DGS "Quelle belle famille"

La patronne des patrons se dit toujours indignée que l'Union des industries et métiers de la métallurgie lui ait "caché des pratiques illégales qui pervertissent le dialogue social" et indique avoir appris par la presse les sorties d'argent en liquide et le parachute doré de Denis Gautier-Savagnac, l'ex-président et délégué général de la plus importante composante du Medef. C'est ce que Laurence Parisot confie au quotidien Le Monde dans son édition du week-end.

"Tant qu'une remise à plat sérieuse n'a pas été faite, le soupçon peut planer", explique Laurence Parisot en se prononçant pour des "règles claires" et une pluralité de candidatures pour chaque mandat en jeu. Elle précise qu'elle entend réunir sous 10 jours le comité des mandats du Medef, dans lequel siège Frédéric Saint-Geours, successeur de Denis Gautier-Sauvagnac à la tête de l'UIMM, pour préparer cette remise à plat. Trois membres du conseil exécutif du Medef, Marie-Christine Oghly, Jean-René Buisson et Jean-Luc Placet seront invités à y participer pour être des "accélérateurs de changement", ajoute-t-elle.


Laurence Parisot dit penser que ses deux prédécesseurs, Ernest-Antoine Seillière, actuel président de BusinessEurope, et Jean Gandois, ne savaient rien des caisses noires de l'UIMM révélées en septembre 2007 et censées, selon l'expression de Denis Gautier-Sauvagnac, "fluidifier le dialogue social". "Encore aujourd'hui, je ne sais pas la moindre chose sur les destinataires des fonds. De telles pratiques, synonymes de perversion absolue, me semblent inimaginables à notre époque", dit Laurence Parisot.


"Mon indignation est bien sûr morale mais j'éprouve aussi le sentiment d'une sorte de trahison", ajoute-t-elle en rappelant avoir voulu "construire la paix" avec Denis Gautier-Sauvagnac après son élection à la présidence du Medef alors que l'UIMM soutenait un autre candidat. La présidente du Medef assure bénéficier d'un "soutien total sur l'esprit et la démarche" des branches et des Medef territoriaux et assure "défendre l'industrie plus que quiconque", tout en disant subir aussi des pressions "qui doivent venir d'une vieille garde". "J'aime l'industrie, je me refuse à la voir caricaturer et je ne peux qu'aspirer à la transformation annoncée de cette grande fédération", ajoute-t-elle en estimant que le président de l'UIMM "va dans le bon sens" et que "nous avons tous intérêt à l'aider".


Denis Gautier-Sauvagnac n'a pas tardé à réagir aux déclarations de la présidente du Medef et a stigmatisé sa "candeur" si ce n'est sa "malhonnêteté" puisque DGS, par la voix de son avocat Me Jean-Yves Le Borgne, a fait savoir samedi qu'il avait informé, avant l'été 2007, la patronne des patrons de l'existence, au sein de l'UIMM, du système de retrait en espèces. "Mon client confirme les propos du président Dewavrin", a indiqué Me Le Borgne, précisant que Denis Gautier-Sauvagnac datait "au printemps, en mai-juin" cette conversation avec la présidente du Medef.


Daniel Dewavrin, président de l'UIMM entre 1999 et 2006, a affirmé samedi, peu avant que Denis Gautier-Sauvagnac ne le confirme, que ce dernier lui avait confié avoir "eu une conversation avec Laurence Parisot et qu'elle était parfaitement au courant maintenant". "Elle était au courant de ça en juin ou en mai 2007, en tous cas avant les vacances", a déclaré Daniel Dewavrin. Laurence Parisot, pour sa part, avait déclaré avoir été informé du système mis en place au sein de l'UIMM en septembre 2007. Nouvelle réplique de la présidente du Medef qui a porté plainte dans la foulée pour diffamation.

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