Avant les élections municipales, le climat était un peu partout en France pour les hommes et les femmes de l'UMP. Même Neuilly-sur-Seine, a été le théâtre d'un assassinat politique en direct il y un mois. Mardi, la fédération UMP des Hauts-de-Seine envoyait un communiqué pour dénoncer l'utilisation du logo du parti présidentiel sur les bulletins de vote d'Arnaud Teullé, suspendu de l'UMP après qu'il a décidé de mener la bataille municipale à Neuilly, contre la liste finalement soutenue par le parti majoritaire, celle de Jean-Christophe Fromantin (Voir par ailleurs). "Seule la liste conduite par Jean-Christophe Fromantin peut se revendiquer du soutien de l'UMP tant au plan local que national", rappelait avec à propos tant on se perd dans ce bourbier électoral, le secrétaire départemental, Jacques Gautier.
Une mise au point qui a déplu à Patrick Balkany, le député-maire de Levallois. Dans un courrier adressé mercredi à Jacques Gautier, le bouillant élu prend fait et cause pour Arnaud Teullé, auquel il apporte un soutien "ferme et sans réserve". "Je vous rappelle que le bureau départemental de l'UMP n'a été en aucun cas consulté sur l'investiture donnée à Monsieur Fromantin, que celui-ci a d'abord dédaignée, puis refusée, avant d'accepter du bout des lèvres un simple ‘soutien' de notre mouvement", écrit-il encore, rappelant que ce n'est pas Arnaud Teullé qui se réclame de l'UMP, mais trente de ses colistiers.
Du coup, jeudi, Jacques Gautier a à son tour pris la plume pour répondre à ce proche de Nicolas Sarkozy. Dans cette missive, le secrétaire départemental lui dit "son étonnement" de le voir réagir ainsi. Et lui "rappelle" que "dans les villes de plus de 30 000 habitants", ce n'est pas "le bureau départemental mais le bureau national" qui décide des investitures, que l'UMP n'a pas "investi mais apporte un soutien ferme" à Jean-Christophe Fromantin, et qu'il regrette "qu'Arnaud Teullé tente d'entretenir la confusion" avec ses bulletins de votes. Rien qu'un rappel à l'ordre des règles d'un parti... jusque là.
Le ton monte ensuite quand Gautier prend à parti l'édile levalloisien. "Neuilly n'est pas dans [sa] circonscription donc hors de [son] champ d'action", écrit Jacques Gautier, qui lui conseille de "davantage focaliser [son] attention sur [sa] propre circonscription, en particulier à Clichy". Dans cette ville le retrait surprise aux cantonales de Maries-Claire Restoux, une protégée de Balkany, avait suscité l'incompréhension. Un fait "regrettable" pour l'UMP, insiste Gautier. Joint par leJDD.fr, le secrétaire départemental estime que cette sortie de Balkany renvoie à "l'éternel problème de la famille Balkany contre Devedjian".
"Et puis, ajoute-t-il sarcastique, il est parfois imprévisible, je lui donne le bénéfice du doute, il a peut-être cédé à l'une de ses pulsions habituelles." Avant de décocher perfidement une dernière flèche: "Il est vraiment le plus mal placé pour faire la leçon. L'UMP a suspendu à sa demande Rémi Muzeau, candidat dissident à Clichy, qui était dans la même situation que Teullé à Neuilly. Et Balkany l'a dézingué pour placer Marie-Claire Restoux.
"Risible", a tonné Patrick Balkany en prenant connaissance de la lettre. Joint par nos soins, le maire de Levallois se moque de Jacques Gautier, "nouveau à son poste,nommé par Devedjian, qui ne sait même pas qu'un député est élu de la nation et non attaché à sa seule circonscription". "Cette lettre est une bourde, explique l'ami du président. Il persiste et signe en plus." A son sens, par ce courrier, Gautier "qui ne fait rien sans l'accord de Devedjian" tente de masquer "la connerie énorme" du secrétaire général de l'UMP, qui à la surprise générale et dans la confusion a accordé l'investiture à Fromantin. Au passage, Balkany assure n'avoir aucun problème avec son frère-ennemi du 92. "On n'est pas brouillé, on fait de la politique", explique-t-il benoîtement. "Et si on prend des décisions seul, sans en référer à personne... Cela n'a rien à voir avec de l'inimitié."
Quant à l'attaque sur Marie-Claire Restoux, Balkany botte en touche: "Elle n'a pas été désignée en catimini, mais par le bureau national en présence des bureaux départementaux." Et le maire de Levallois de réitérer son soutien à Arnaud Teullé, qui opère "une remontée spectaculaire dans les sondages". "Fromantin est soutenu par l'UMP mais il ne veut personne sur sa liste, ni Arnaud Teullé, ni Marie-Cécile Ménard, ni Jean Sarkozy. Dès lors il est normal que Teullé se présente et que les 4500 UMP de Neuilly soient derrière lui", s'emporte le maire. Et de lâcher, dépité, à propos de Fromantin: "C'est à peine s'il ne prend pas le soutien de l'UMP comme un handicap". Une UMP maltraitée en tous cas dans le 92, où l'un des amis les plus proches du chef de l'Etat se permet de soutenir le candidat dissident du parti présidentiel. Comprenne qui pourra.
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