dimanche 26 octobre 2008

De Paris à Luanda en force

En visite éclair à Luanda, Nicolas Sarkozy a signé la réconciliation avec le régime du président Dos Santos, et de nombreux contrats en faveur des entreprises françaises. Thalès, la Société générale et Total, entre autres, ont obtenu des accords lucratifs. Le chef de l'Etat français a été clair, la France "est de retour" dans le pays ; "l'Angolagate", "un malentendu", est oublié.

En à peine quatre heures sur le sol angolais, Nicolas Sarkozy a "décidé de tourner la page des malentendus du passé" avec son homologue, José Eduardo Dos Santos. Par "malentendus", le chef de l'Etat pensait à "l'Angolagate", une affaire de trafic d'armes présumée illicite, qui, selon les termes du président français, a "blessé" les dirigeants angolais. Ceux-ci sont soupçonnés d'avoir acheté pour quelque 790 millions de dollars d'armes entre 1993 et 2000, alors que la guerre civile angolaise faisait rage, aux hommes d'affaires français Pierre Falcone, Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand. Le procès de 41 personnes accusées de trafic d'armes et de trafic d'influence aura lieu à Paris à partir du 3 octobre. A priori, l'absence de tout Angolais parmi les prévenus, même si certains dirigeants sont soupçonnés d'avoir touché des pots-de-vin, participe à apaiser les tensions.

"Je suis venu vous proposer une alliance qui reposerait sur des principes simples", a lancé le chef de l'Etat lors d'un toast. "Le respect mutuel, un partenariat d'égal à égal, la satisfaction de nos intérêts réciproques." Du coup, Nicolas Sarkozy en a profité pour inviter son homologue, à qui il a dit son "estime" et son "amitié personnelle", en France en 2009.

"Sachez, M. le Président, que la France sera honorée de vous accueillir en 2009 comme un visiteur prestigieux et comme un ami", a-t-il dit. "Vous y serez reçu avec chaleur. La France veut aider l'Angola à construire son avenir."Auparavant, histoire de réchauffer les relations, Nicolas Sarkozy avait annoncé la décision de la France de se doter d'une nouvelle ambassade en Angola et d'agrandir le lycée français de Luanda. Il a également annoncé la création d'une fondation France-Angola, qui assurera la promotion de projets de développement économique, humain et culturel. De même, pour prouver ce "retour", l'Agence française de développement reprendra ses activités en Angola, où l'organisme de garantie des investissements français à l'étranger, la Coface, recommencera également à garantir des crédits.

Qu'est devenu le président qui voulait faire table rase du passé de la France et de ses relations avec l'Afrique? Sarkozy aurait-il ravalé son discours de Dakar ?

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