jeudi 20 novembre 2008

Agirc : La crise se poursuit, après les bancaires, la retraite

Mauvaise nouvelle pour la retraite des cadres. L'Agirc, qui gère leur régime complémentaire, est frappée par la crise financière. L'organisme, qui tablait sur un résultat positif de ses produits financiers de l'ordre de 500 millions d'euros, doit finalement se résoudre à enregistrer des pertes. Selon La Tribune, qui révèle l'information dans son édition de lundi, ce déficit s'élèverait à 100 millions d'euros, soit un manque à gagner de 600 millions d'euros par rapport aux prévisions.

Ces résultats tombent mal au moment où, démographie oblige, l'Agirc est confrontée à une augmentation des versements de pensions beaucoup plus rapide que celle des cotisations reçues. Du coup, c'est tout le bilan comptable de l'organisme qui s'en retrouve fragilisé. Auparavant largement excédentaire, avec des résultats positifs de 1,6 milliard d'euros et 1,5 milliard en 2006 et 2007, l'Agirc devrait boucler l'exercice 2008 tout juste à l'équilibre, à 70 millions d'euros de bénéfice. Certes, le régime dispose de réserves solides, mais il ne pensait pas devoir puiser dedans avant quelques années. Il pourrait être contraint de le faire dès 2009. Et à plus long terme, le spectre d'un déficit, quand les réserves seront épuisées, menace. Selon des projections réalisées il y a deux ans, cette situation ne devait pas apparaître avant 2015-2016. Mais c'était avant la crise, et le processus pourrait s'accélérer.

l'Agirc se veut rassurant.
"Nous sommes un régime par répartition. Les cotisations prélevés aux salariés et aux entreprises servent directement à payer les retraites, explique une porte-parole. Donc les retraites ne sont pas impactées par les conséquences de cette crise financière. En outre, parmi nos obligations, qui composent plus de 70% de notre portefeuille, une grande partie est composée d'emprunts d'Etats, donc des placements très sûrs. Demain, si les cours remontent, on se retrouve en positif."

Pourtant, les conséquences sur les pensions des retraités, prises en charge en moyenne à 66% par l'Agirc, pourraient se faire sentir à très court terme. En effet, dès janvier, les partenaires sociaux négocieront un nouvel accord. Les syndicats, qui revendiquent un mode de calcul plus favorable des pensions des retraités, risquent dans ce contexte, d'avoir du mal à se faire entendre. Au contraire du Medef, qui devrait profiter de la situation pour réclamer à nouveau, entre autres, le recul de l'âge de la retraite.

Doit-on attribuer cela aux conséquences de la crise financière ou simplement à l'irresponsabilité de certaines personnes qui pensaient faire de l'argent avec les cotisations des salarié cadres.

Les pertes affichés par l'AGIRC, organisme qui gère la retraite complémentaire des cadres tombent au plus mal. 100 millions d'euros de perte, extraordinaire, alors que l'on sait déjà combien notre système de retraite par répartition est menacée.

Si l'Agirc veut rassurer, elle a failli dans sa gestion. Il est maintenant claire que ses membres dirigeants devront tirer les conséquences d'une telle catastrophe.

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