lundi 23 mars 2009

Devedjian voulait se faire les Balkany

Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine, met de l'huile sur le feu. Déjà peu apprécié de ses élus, il vient d'évoquer publiquement la "corruption" qui règnerait dans l'assemblée. Il souhaite "nettoyer les écuries d'Augias" et estime que c'est pour cela qu'on l'attaque. Chez les conseillers, et notamment Isabelle Balkany, ces déclarations ne passent pas.

"Disproportionnés, diffamatoires, insultants" : Isabelle Balkany, vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, n'a pas de mots assez durs pour qualifier les propos de son président, Patrick Devedjian. Ce dernier a expliqué, mardi dans les colonnes du Monde et jeudi dans L'Express, qu'il souhaitait "nettoyer les écuries d'Augias" et laver la réputation sulfureuse du 92. Depuis son élection en juin 2007, le secrétaire général de l'UMP avait simplement promis, à maintes reprises, de réduire le train de vie du département et d'apporter plus de rigueur juridique. En difficulté à la tête du conseil, il rappelle désormais que "trois procédures judiciaires pénales lourdes" sont en cours et estime que toutes les attaques dont il fait l'objet résultent de sa "lutte contre la corruption".

"J'ai trouvé, a-t-il expliqué, en ouvrant des placards, des anomalies anciennes que je m'emploie à rectifier". Dans le viseur de l'ancien ministre, la gestion de la société d'économie mixte SEM 92 et des "factures irrégulières de 400000 euros", la disparition d'une livraison de sable pour un chantier de l'organisme d'une valeur d'un million d'euros ou encore les paiements en liquide effectuées par la SEM coopération.

La contre-attaque du secrétaire national de l'UMP passe très mal dans son propre camp. "Ce n'est pas l'attitude d'un président", a expliqué Isabelle Balkany au JDD.fr. "Je suis scandalisée, il met en cause l'honneur des anciens présidents des Hauts-de-Seine, Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy, mais aussi de l'ensemble de sa majorité. Il jette le discrédit sur tout le monde", s'est elle emportée, rappelant que "François Fillon a demandé des excuses publiques à Nathalie Kosciusko-Morizet pour moins que ça". La vice-présidente cite aussi son collègue Jean-Jacques Guillet, qui dans une lettre au chef du département a expliqué qu'il était "navré à bien des égards" par des déclarations qui ont provoqué sa "stupéfaction".

"Il a l'air de dire ‘je suis Saint-Just, je lave plus blanc que blanc et j'ai découvert des choses dans un placard', or tout le monde est au courant de ces affaires, il y a eu des délibérations du conseil là-dessus et ce sont des plaintes du département qui ont lancé les affaires en cours. La justice n'a pas attendu Patrick Devedjian pour enquêter", a asséné la vice-présidente.

Joli les règlement de compte entre amis dans les Hauts de seine...

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