
Une faute de goût? Ou un goût, justement, immodéré pour la provocation? Le magazine New Yorker a fait sensation, lundi, dans la presse américaine en publiant en Une une caricature du peut-être futur couple présidentiel. Réunis dans le Bureau ovale de la Maison blanche, Michelle Obama y est présentée en militante Black Panther, kalachnikov en bandoulière tandis que son Barack de mari porte la djellaba, une photo d'Oussama Ben Laden dans son dos et un drapeau américain qui flambe dans la cheminée.
Le New Yorker, plutôt classé à gauche sur l'échiquier politique outre-Atlantique entendait ainsi faire sa Une sur Les politiques de la peur et répondre, à sa façon, à ceux qui voient en Barack Obama un ennemi de l'Amérique. Le sénateur de l'Illinois a en effet été qualifié de "musulman secret" par l'extrême droite et sa femme, de nourrir une haine envers la race blanche. Le magazine américain a expliqué qu'il voulait dénoncer, avec cette caricature, "la campagne de peur et de désinformation" menée contre le candidat démocrate à la Maison blanche.
L'humour n'a peut-être pas de limites mais il a des degrés. Le New Yorker a sans doute dépassé ceux en vigueur aux Etats-Unis. La couverture a suscité de vives réactions au sein de l'équipe de campagne de Barack Obama. Bill Burton est monté le premier au créneau. "Le New Yorker doit estimer, comme l'un de leurs membres nous l'a expliqué, que leur couverture est une satire des caricatures qu'ont tenté de créer les critiques de droite du sénateur Obama. Mais beaucoup de lecteurs vont la trouver de mauvais goût et offensante. Nous aussi", a ainsi réagi le directeur de la communication du candidat démocrate à la Maison blanche. Un autre membre du staff, sous couvert d'anonymat, a confié à la chaîne ABC que c'était "l'une des caricatures les plus offensantes qu'un magazine pourrait se permettre de publier".
Du côté républicain, on suit la même ligne, cherchant sans doute à calmer le jeu après le mot douteux de son candidat John McCain, qui avait qualifié son adversaire de "candidat préféré du Hamas". Tuker Bonds, le directeur de campagne du vétéran du Vietnam a ainsi déclaré que son équipe était "entièrement d'accord" avec celle d'Obama. "C'est une satire", a insisté pour sa part le rédacteur en chef du New Yorker, David Remnick. L'état-major de campagne de Barack Obama, dirigé par David Axelrod, a indiqué que l'ordre du jour n'était pas d'entrer dans la polémique. Barack Obama préfère se consacrer au concret. Il a ainsi annoncé lundi, dans un éditorial publié dans le New York Times vouloir désengager la majorité des troupes américaines stationnées en Irak d'ici l'été 2010 et renforcer celles déjà en place en Afghanistan.
(source JDD)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire