C'est une page d'histoire que Le Monde aurait sans doute voulu ne jamais tourner. Pour la première fois depuis sa création par Hubert Beuve-Méry en 1944, le quotidien national ne paraîtra vraisemblablement pas lundi 14/04/08 en raison d'une grève impliquant sa rédaction.. Réunis en assemblée générale, les salariés du journal du soir ont en effet décidé d'observer un arrêt de travail pour protester contre le plan de redressement présenté début avril par Eric Fottorino, le président du directoire du groupe Le Monde, au conseil de surveillance. Selon ce plan, 130 employés devront quitter le journal, dont un tiers d'administratifs et deux tiers de journalistes. Soit un quart de la rédaction.Evidemment, les journalistes ne comptent pas en rester là. Christiane Chombeau, déléguée SNJ, dénonce ainsi au JDD.fr "un plan d'une violence extraordinaire et inattendue". Qui tranche en plus avec les habitudes du journal. "Nous avons malheureusement connu d'autres plans, mais à chaque fois, ils étaient basés sur le volontariat. Là, la direction se réserve le droit de refuser des départs volontaires et envisage tout de suite des licenciements autoritaires. C'est une rupture totale avec les habitudes de la maison", poursuit la journaliste. Du coup, "à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle". Si une grève de la rédaction avait eu lieu en 1994, elle n'avait duré qu'une heure et n'avait pas mise en péril la sortie du quotidien. Là, les journalistes prennent sur eux le risque, en attendant d'éventuelles discussions, d'une non-parution inédite.
Dans le monde du capitalisme sauvage, la notion de volontariat n'a pas de place. Seul compte le choix du poivoir autoritaire.
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