Ana Carolina Reston n'est peut-être pas morte pour rien. En novembre 2006, cette jeune mannequin brésilienne de 21 ans plongeait le monde de la mode dans l'angoisse. Avec 40 kilos pour 1m72, les raisons de sa mort ne furent pas un long mystère. Dès lors, la question de l'anorexie était placée au devant de la scène. Et des podiums. Mercredi, la France a décidé de prendre le problème à bras le corps en légiférant sur ce qui est devenu un problème de santé publique.Qui n'a pas été choqué devant la campagne de publicité d'Oliviero Toscani? En septembre 2007, le photographe italien placardait des photos d'une femme décharnée sur tous les murs italiens pour montrer les ravages d'une maladie encore taboue: l'anorexie. Les visuels ont choqué. Quelques mois après, la France a décidé de réagir pour mettre fin à ce qui est devenu un véritable fléau chez les jeunes, près de 40 000 personnes - essentiellement des filles - étant touchées par cette maladie en France.
Rédigé par la députée UMP des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, un texte a été adopté ce mercredi par la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. Il sanctionne de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende "le fait de provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive en encourageant des restrictions alimentaires prolongées ayant pour effet de l'exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé". Les peines encourues sont portées à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende en cas de décès de la victime. La Commission est allée encore plus loin en adoptant un amendement qui crée un délit de propagande et de publicité en faveur des moyens de parvenir à une maigreur excessive, passible des mêmes peines. Inspiré de la provocation au suicide, ce délit est destiné à lutter contre les articles de presse ou les reportages télévisés incitant à l'anorexie. Certains blogs vantaient même ouvertement les "bienfaits" d'une maigreur excessive...En sus de ce texte législatif, une Charte de bonne conduite sur l'image du corps a été signée, toujours mercredi. Parmi les signataires, on trouve, entre autres, les professionnels de la mode, secteur des plus concernés par le problème. Des représentants des médias, de la publicité, ainsi que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, ont également paraphé le document. Fruit de plus d'un an de discussions au sein d'un groupe de travail mis en place sous l'égide du ministère de la Santé, cette Charte n'est toutefois qu'une "première étape" pour Roselyne Bachelot, aucune mesure contraignante n'étant incluse dans le texte. Une campagne de sensibilisation et d'information doit être également développée auprès des services de médecine du travail sur les risques liés à l'extrême maigreur.
La France s'attaque à un problème de santé publique. La Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a ainsi adopté un texte sanctionnant l'incitation à l'anorexie. Des peines de prison sont même prévues.
Roselyne Bachelot et des professionnels de la mode, des médias et de la publicité signaient ensemble une Charte de bonne conduite.
Espérons que cela suffise
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